Généralités
Population: 3 habitants (01 janvier 2004)
Histoire et patrimoine
La tannerie
Le travail de cuir occupe une place prépondérante dans diverses activités, mais la nature malodarante des matières premières oblige les exploitants à se fixer à l'écart des habitants, de préférence le long d'un cour d'eau, l'eau étant indispensable à ce métier. La tannerie d'horrotine, réputée pour la qualité de ses cuirs, existait depuis 1810. elle employait en permanence 8 à 10 ouvriers. Elle possédait 80 cuves et subsista jusqu'après la guerre de 1914-1918. A leur arrivée, les peaux subissaient diverses opérations de préparation au tannage (opération de trempe, d'épilage et enfin d'écharnage). L'opération de trempe consistait à immerger les peaux durant 4 ou 5 jours, soit dans l'eau courante, soit dans les bassins conçus à cet usage. Cette immersion permettait d'enlever à la peau les matières solubles. Ceci explique la nécessité d'installer la tannerie à proximité d'un cours d'eau. Les peaux étaient alors placées dans un «échauffoir» à température constante de 30° durant 15 jour à 3 semaines, ceci afin de faire disparaître l'épiderme de la peau. L'opération suivante consistait à enlever les poils par épilage et écharnage. Les peaux étaient ensuite placées dans des cuves en bois.
Le cuir y était plongé dans des solutions d'abord très peu concentrées (beaucoup d'eau et peu de tanin) pour arriver, progressivement à des concentrations de plus en plus fortes.
Il y avait dix bains successifs avec un séjour de 1 à 3 jours par bains. Après ces manipulations, on plaçait dans une cuve, alternativement une couche de cuir et une couches d'écorces et ce jusqu'à ce que la cuve soit remplie. Une cuve pouvait ainsi contenir 50 cuirs. On plaçait des planches chargés de pierres pour maintenir les cuirs.
Le cuir séjournait d'abord un an en cuve, puis il était «recouché» avec des nouvelles écorces et y restait deux ans.
Il fallait donc, à moyen terme une opération de tannage qui durait deux ans et même trois ans, les cuirs n'en étant alors que meilleurs. C'est dire qu'un tel procédé de travail ne pourrait plus être envisagé aujourd'hui.
Chaque tanneur avait, paraît-il, son mode de fabrication personnel qui se différenciait de celui des autres par la durée du tannage. Il y avait le tannage rapide, le moyen, le lent et l'extra lent. La durée différait selon la sorte de cuir à obtenir. L'opération de tannage était donc d'une importance primordiale pour obtenir des cuirs aux qualités requises c'est-à-dire de fermeté, de résistance, d'imperméabilité.
Un jeu de mots, bien connu par les vieux tanneurs, peut-être utilement rappelé ici: «pour faire un bon cuir, il faut du tan et du temps».
Le «temps» nous en avons parlé ci avant.
Le «tan», c'est l'écorce du chêne hachée, broyée, puis moulue et qui constituait, jadis, la seule matière tannante utilisée.
Les meilleures écorces étaient celles de taillis de chênes de 15 à 20 ans, à écorces lisses et non gerçurées et celles des taillis croissant aux expositions les plus chaudes: qui étaient les plus riches en tan. Au delà de 25 ans, la teneur en tannin diminuait. La tannerie Lambert achetait ses écorces au Grand-duchés du Luxembourg où les taillis étaient mis en exploitation tous les 15 ans.
Il nous paraît utile de donner succinctement quelques détails sur le travail d' l'écorçage, activité aujourd'hui disparue des Ardennes en même temps que nos anciennes tanneries.
Voici le procédé de l'écorçage. Réalisé de préférence au printemps (à cette époque, le montée de la sève produit une surtension de l'écorce particulièrement favorable) l'ouvrier écorceur, par une entaille d'abattage, dégageait le pied du jeune chêne; ensuite, sur un côté du tronc, il incisait à la hache, l'écorce jusqu'à hauteur de 2m50 environ. C'est dans cette rainure qu'il introduisait sont «peloir» nommé «peleu», de façon à détacher du tronc toute l'écorce cylindrique sur une longueur d'à peut près 2m50. Il abattait ensuite l'arbre et continuait l'écorçage de la partie supérieur (L. Hector).
Les écorces étaient réunies en fagots d'un poids de 25 kgs, nommés «bottes de schoisses», pour être conduites au moulin à écorces de la tannerie. Le bois écorcé (bois pelard) s'appelait «clepper» au «pelwai» et constituait un excellent bois de chauffage.
La parcelle exploitée n'avait pas besoin d'être replantée; les souches des chêneaux donnaient des rejets (dgittons) qui étaient écorcés 15,20 ou 25 ans plus tard.
Dès leur arrivée à la tannerie les écorces étaient broyées mécaniquement au à la main, puis réduites entre des meules, afin d'obtenir une poudre grossière nommé le «tan».
Cette opération était conduite de façon à obtenir des solutions de concentration bien déterminées, variables suivant les phases du tannage dont nous avons parlé.
En raison des ravages causés dans les forêts de chênes, le tannin devint rare. De plus, le tannage restait, comme nous l'avons vu, une opération de longue durée. Ce furent les causes de la fin de cette industrie. Etienne LENOIR, né à Mussy-la-Ville près de Virton en 1822, ouvrit la voie au tannage chimique pars ses différents essais de tannage.
Il construisit, notamment un four dans lequel il déposait les peaux et y faisait passer un courant d'ozone au bout de trois heures pour certaines peaux, de trois jours pour d'autres, il obtenait un cuir utilisable. Ce fut le point de départ du tannage chimique.
Un laboratoire au service des agriculteurs
Situé en plein c½ur de l'Ardenne, à proximité de Bastogne, le Laboratoire d'Ecologie des Prairies de Michamps constitue un interface entre la recherche et le milieu agricole.
Dépendant de la Faculté des Sciences Agronomies de l'Université Catholique de Louvain, ce centre de recherche a été créé en 1965 par le Professeur Jean Lambert. La création de ce laboratoire marquait la volonté de l'université de répondre aux soucis de la population rurale et de maintenir une agriculture rentable avec la sauvegarde de l'environnement.
Antenne régionale d' l'UCL, le laboratoire bénéfice aujourd'hui du soutien financier de la Province de Luxembourg, du Ministère des Classes Moyennes et de l'Agricultures, (Direction Générale Recherche et Développement) de la Région Wallonne et de la C.E.E.
Les recherches menées par l'équipe scientifique du Laboratoire d'Ecologie des Prairies sont nombreuses et très diversifiées. - L'écologie de la prairie temporaire, l'effet du climat et de l'azote sur la croissance des graminées prairiales, la minéralisation de l'azote en prairie et le devenir de la fumure azotée
- Le choix des espèces et variétés adaptées à la prairie de fauche, la fertilité des sols et l'utilisation rationnelle des engrais minéraux, l'utilisation optimale des effluents d'élevage, la valorisation des déchets organiques d'origine urbaine ou industrielle
- Les bilans des éléments au sein de l'exploitation agricole.
Au service su monde rural
Installé dans les bâtiments d'une ancienne tannerie, le laboratoire dispose, pour réaliser ses essais en champs, d'une superficie de 35 ha et possède un troupeau de 40 bovins de type viandeux.
Doté d'un équipement analytique performant, le Centre offre un service d'analyses d'un large éventail de produits: fourrages, terres agricoles et forestières, terres de jardins, engrais, produits agro-alimentaires, eaux de consommation. En plus de tout ce panel d'activités, le laboratoire diffuse les résultats de ses recherches auprès des agriculteurs par des visites d'essais, agricoles (section fourrage) récemment crée par le Ministère Fédéral de l'Agriculture et des PME.
L'agriculteur, désireux de donner une alimentation équilibrée à son bétail, peut faire analyser ses fourrages au Centre. En effet, chaque année, le Laboratoire réalise environ 4000 analyses de fertilisants organiques afin d'adapter au mieux les fumures aux besoins des cultures dans un strict respect de l'environnement. Enfin, depuis une dizaine d'années, une section agro-alimentaire a été créée au sein du Laboratoire pour répondre aux demandes des consommateurs et des producteurs vis-à-vis de la qualité des produis issus de l'agriculture.
Ainsi le laboratoire d'étude de la qualité a été sollicité notamment pour la certification des salaisons produites ou transformées dans la région (jambon, saucisson), l'étude du pain d'épeautre, de la truite fumée pour la production de légumes de qualité, le contrôle de chaînes de production de plats cuisinés sous vide, le contrôle sanitaire d'abattoirs et la potabilité d'eaux de consommation. Il est à l'origine également de la culture de pleurotes, reprise par Champibeau.
Pour obtenir de plus amples renseignements ou pour réaliser une analyse, vous pouvez les contacter à l'adresse suivante:
LABORATOIRE D'ECOLOGIE DES PRAIRIES
Centre Provincial d'Information Agricole
Michamps
6600 BASTOGNE
Tél: 061/21.18.32 ou 061/.21.52.68.